A Arveyres, sa petite entreprise ne connaît pas la crise (Article Sud-Ouest)

A Arveyres, sa petite entreprise ne connaît pas la crise (Article Sud-Ouest)

© Sud-Ouest | Linda Douifi | Publié le 08/04/2014

David Villain veut montrer que, malgré le marasme, des sociétés prospèrent. Son entreprise Europ Environnement en est la preuve. Un discours et une vision à contre-courant.

Croissance en berne, chômeurs en hausse, chiffre d’affaires à la baisse, carnet de commandes vides… Des mots souvent entendus ces dernières années, voire dernières semaines, crise financière et marasme économique obligent. Ces mots ne font pas partie du vocabulaire de David Villain, qui a créé, en 2003, la société Europ Environnement à Arveyres. Optimiste jusqu’au bout des ongles, l’entrepreneur tient un discours à contre-courant de ceux véhiculés par les médias et les politiques. « Certains secteurs sont plus ou moins touchés par la crise. Mais certains marcheront toujours, comme le bâtiment. Les sociétés sérieuses et respectueuses de leurs clients sont d’ailleurs toujours là. Il y a de l’avenir en France », estime David Villain.

Faisant fi de la frilosité ambiante, il conseille même aux jeunes de se lancer, selon l’un de ses adages préférés « si on veut, on peut ». Presque une philosophie de vie, dont cet autodidacte du monde de l’entreprenariat serait la preuve vivante. Ses chiffres d’affaires laissent en tout cas rêveur : 189 000 euros en 2009, 570 000 euros en 2011, 780 000 euros en 2012 et… 1,15 million d’euros en 2013.

Avant de se lancer comme patron, David Villain travaillait comme salarié dans le milieu du bâtiment. Puis, un jour, avec un copain, il décide de lancer Europ Environnement, une micro-entreprise de rénovation de toit, et emprunte quelques deniers à son père. L’idée ? Au lieu de changer une toiture vieillissante, sa société propose de rénover les tuiles, de les nettoyer et de les entretenir. « Une opération quatre à cinq fois moins chère qu’une nouvelle toiture », indique le patron, qui montait lui-même sur les toits au début. En 2009, David Villain transforme sa société en EURL. « Il y avait plein de questions autour de la vie de famille, de l’argent… Mais il fallait franchir le pas ou pas. » Finalement, il se lance et réalise sa première embauche. Même pas angoissé. « Grâce au bouche à oreille, les carnets de commande étaient déjà pleins pour plusieurs mois. »

Aujourd’hui, Europ Environnement compte huit salariés, dont deux arrivés lors des trois derniers mois. Désormais, pour se développer, l’entreprise cherche un lieu pour implanter son siège social. Le patron, qui lorgnait sur Libourne, préférerait plutôt un endroit entre Bordeaux et Libourne, non loin de la RN 189. Pour l’instant, la société est toujours domiciliée dans la maison familiale de David Villain, à Arveyres, en plus d’un lieu de stockage à Saint-Germain-du-Puch.

Le chef d’entreprise n’hésite pas à donner sa chance aux jeunes. Sur les différents salons d’exposition, il n’est pas rare que la société aille voir les IUT de commerce et rencontrer les étudiants. « Lorsqu’on embauche, on forme le salarié à beaucoup de choses : la pose, la relation clients, les normes… » La preuve : Nicolas, embauché il y a trois mois en tant que commercial, commence aussi à arpenter les toits afin de connaître les métiers et les produits de la société de A à Z.

Autre clé de la réussite d’Europ Environnement : l’évolution, voire la diversification. L’entreprise a fourni tous les efforts nécessaires pour être labellisée éco-artisan. Ce statut permet à ses clients de bénéficier d’aides fiscales et/ou de la TVA à taux réduit. Par ailleurs, il y a environ cinq ans, Europ Environnement a élargi son champ d’action à l’isolation, avec l’usage d’une laine innovante : celle de mouton, en provenance d’Ogeu-les-bains, dans les Pyrénées Atlantiques. Autrefois jetée, cette laine est aujourd’hui reconvertie en isolant, grâce à sa capacité à absorber l’humidité et à la restituer.

Revue de Presse